Les enjeux de l'ouverture de la COP30 à Belém

Défis européens et chinois, retrait américain, volontarisme brésilien

La COP30 se tient du 10 au 21 novembre 2025 à Belém (Brésil), rassemblant 191 pays pour fixer les objectifs de réduction des émissions à l'horizon 2035. Ce troisième cycle doit renforcer les contributions nationales (NDC) alignées sur un réchauffement limité à 1,5 °C.
Belém, porte de l'Amazonie, symbolise les enjeux de préservation des forêts et de justice climatique, portés par la présidence brésilienne focalisée sur la bioéconomie et les droits autochtones.

L'Union européenne arrive en COP30 face à des tensions internes. La loi climat européenne, fixant une réduction de 90% des émissions d'ici 2040, peine à se faire adopter, freinée par des pays inquiets des impacts économiques. Les flexibilités accordées dans le texte alimentent les critiques sur la crédibilité de l'UE.
Les États-Unis n'enverront pas de représentants de haut niveau à la COP30. Donald Trump, qui qualifie le changement climatique de « plus grande arnaque jamais menée », a annoncé une nouvelle fois le retrait américain de l'accord de Paris dès son retour au pouvoir en janvier 2025. L'administration Trump privilégie désormais les énergies fossiles et cherche même à retirer les États-Unis de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), ce qui empêcherait les futures administrations de réintégrer l'accord.
Cette absence américaine sape les ambitions mondiales. Seuls 64 pays ont soumis leur nouveau plan climat, dont seulement 6 pays du G20, qui représentent pourtant 80% des émissions mondiales. Les mesures proposées conduiraient à un réchauffement de 2,5 °C d'ici 2100, loin des objectifs de Paris.
Le financement climatique reste central : mobilisation de 1 300 milliards de dollars annuels à partir de 2030 et création de financements pour les pays en développement (Green Fonds).  

La COP30 promeut le concept de « mutirão », mobilisation collective inspirée des peuples autochtones brésiliens. Les objectifs centraux incluent la sortie du charbon, du pétrole et du gaz, la fin des subventions publiques à ces combustibles et la lutte contre la déforestation.
La conférence se tient dans un contexte où le déni climatique américain et l'absence de leadership des grandes puissances menacent la crédibilité du multilatéralisme climatique. Elle teste la capacité du reste du monde, notamment de la Chine et de l'Europe, à maintenir l'ambition climatique sans les États-Unis.

Mise à jour : novembre 2025