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1ère Journée académique sur la transformation de la voie professionnelle

L'académie de Limoges a organisé, jeudi 28 novembre 2019, une journée académique sur la transformation de la voie professionnelle au lycée Maryse Bastié auprès des proviseurs, proviseurs adjoints, DDFPT (directeur délégué aux formations professionnelles et technologiques) et enseignants de l'académie. L'objectif principal de cette journée était de permettre aux participants de réfléchir et d'échanger sur les divers dispositifs liés à la transformation de la voie professionnelle.

La transformation de la voie professionnelle vise à améliorer l'accompagnement des élèves en lycée professionnel et à leur permettre de mieux préparer leur projet d'insertion professionnelle ou de poursuite d'études. La transformation s'appuie notamment sur une meilleure articulation entre enseignements professionnels et enseignements généraux et sur une complémentarité renforcée entre apprentissage et voie scolaire. Elle offre également des parcours plus personnalisés et progressifs, à l'image du CAP qui pourra être préparé en 1, 2 ou 3 ans selon les besoins des élèves, une orientation plus progressive en seconde professionnelle via les familles de métiers et un accompagnement, en terminale professionnelle, pour une poursuite d'études ou une insertion professionnelle.

Cette 1e journée académique, pilotée par le doyen des inspecteurs du 2nd degré, Paul Couture, s'inscrit dans un plan d'accompagnement des personnels de lycée professionnel dans la mise en œuvre de la transformation.

Tout au long du premier trimestre, des inspecteurs référents ont rencontré les équipes pédagogiques de l'ensemble des lycées professionnels de l'académie pour les accompagner dans la mise en place de la réforme et répondre à leurs questionnements.

La journée académique de la voie professionnelle était l'occasion de réunir ces équipes et de faire un point d'étape. Le matin, différentes interventions ont eu lieu autour de la démarche et de la pédagogie de projet. L'après-midi était consacré à des tables-rondes et à des ateliers thématiques. Deux d'entre eux portaient sur des dispositifs phares de la transformation de la voie professionnelle : la co-intervention et le chef d'œuvre.

La co-intervention

Pour faire en sorte que la voie professionnelle soit un lieu de réussite pour tous les élèves, il faut les accompagner davantage. C'est pourquoi depuis la rentrée 2019, la classe de seconde est devenue un lieu d'innovation pédagogique où se développe notamment la co-intervention entre des professeurs d'enseignement général et les professeurs des disciplines professionnelles. Le fait de relier ces deux enseignements permet de donner plus de sens aux apprentissages.

L'objectif est de rendre les enseignements généraux plus concrets en les inscrivant, pour partie, dans la perspective professionnelle choisie par l'élève.

« Cette innovation permet aux élèves, souvent en difficultés avec les apprentissages scolaires au collège, de consolider leurs savoirs, de prendre confiance et de progresser », constate Sophie Ardouin, professeure d'éco-gestion commerce au lycée Jean Jaurès à Aubusson. Sophie pratique la co-intervention avec une enseignante de mathématiques sur deux niveaux, la première année de CAP et le Bac pro commerce.

« La co-intervention, explique-t-elle, permet de donner du sens aux matières générales, aux mathématiques notamment. Avec ma collègue, nous arrivons à redonner confiance aux élèves de CAP en leur montant qu'ils peuvent y arriver. La co-intervention permet de leur faire prendre conscience de l'importance de cette matière dans leur cursus, d'autant plus en commerce. C'est une matière où ils étaient en difficulté. Maintenant, en donnant du sens et du poids à cette matière, ils arrivent à comprendre ; ils n'ont plus l'impression de travailler les mathématiques alors que nous travaillons les pourcentages et les statistiques. »

Le chef-d'œuvre, « manifeste des savoir-faire professionnels »

Autre dispositif essentiel mis en place avec la réforme de la voie professionnelle, le chef-d'œuvre concerne tous les élèves de CAP ou de baccalauréat professionnel, apprentis ou scolaires. Il correspond à une production pluridisciplinaire, mobilisant l'enseignement professionnel de spécialité et une ou d'autres disciplines en fonction du projet de réalisation travaillé. Il peut être le résultat d'un travail individuel ou collaboratif.

Le chef-d'œuvre peut prendre des formes (matérielle ou immatérielle) très diverses : conception et réalisation d'un produit fini (en bois, métal, papier, tissu, etc.), texte, journal, site internet, film, planches créatives ou de tendances, carnet de route, organisation d'un événement culturel ou sportif, manifestation, exposition, salon, spectacle, décor, participation à un concours régional, national, international, création d'une entreprise virtuelle, etc.

Pierre Lovati, professeur d'arts appliqués au lycée Martin Nadaud de Bellac, présente ainsi le chef d'œuvre : « c'est un manifeste des savoir-faire professionnels ; c'est une nouvelle manière d'appréhender un métier au lycée professionnel et ça passe par une démarche de projet. »

Les élèves de CAP de Pierre Lovati travaillent sur des chefs d'œuvre très variés en fonction du diplôme préparé :

  • un pigeonnier et un corps de ferme pour les constructeurs bois ;
  • un mobilier pour l'urbanisme (banc avec support artistique sur l'assise) pour les futurs maçons ;
  • un mobilier en cuivre et bois destiné au CDI pour les monteurs installateurs thermiques plombiers ;
  • pour les peintres, il s'agit de travailler pendant deux ans autour d'une thématique, la forme peinte, sur des murets extérieurs, dans les salles de classe et au foyer des élèves.

Selon l'enseignant, le chef d'œuvre est intéressant car « il permet d'engager les élèves autour d'un projet fédérateur qui va concerner plusieurs professeurs dans un même but ». « Plus dans l'idée de répondre à une commande comme dans une entreprise, nous allons nous retrouver dans un atelier, explique-t-il. Nous allons faire pas mal de détours, des méthodologie d'essais et d'erreurs, tout un travail d'investigation, de recherche et de documentaire. Les élèves vont pouvoir se révéler : certains vont montrer de l'autonomie ou leur sens relationnel par exemple. Cela sort du cadre du cours heure par heure. »

Une 2e journée académique de la voie professionnelle sera prochainement organisée pour poursuivre les échanges et la mutualisation des bonnes pratiques.

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